Le Traité de Versailles est le nom donné au document stipulant les conditions de paix imposées à l’Allemagne par les vainqueurs alliés de la Première Guerre mondiale. Il a été signé le 28 juin 1919. Selon les termes du traité, l’Allemagne était tenue responsable de la guerre et devait payer de lourdes réparations, entre autres conditions. Le traité de Versailles comprenait des plans pour la Société des Nations, dont le Canada serait membre. À la conférence où le traité a été négocié, le Canada était représenté séparément, marquant ainsi une importante étape dans ses mouvements progressifs vers l’indépendance canadienne par rapport à la Grande-Bretagne.
Conditions de paix
Les conditions de paix du 28 juin 1919 sont rédigées lors de la Conférence de paix de Paris et signées près de la capitale de France, à Versailles. Aux termes de ce traité, l’Allemagne accepte sa responsabilité dans la guerre. Elle doit également verser de lourdes réparations financières aux Alliés. De plus, le gouvernement allemand est contraint de céder environ 10 % de son territoire d’avant-guerre en Europe ainsi que toutes ses colonies d’outre-mer. La Rhénanie est également démilitarisée. Par ailleurs, le traité limite la taille de l’armée et de la marine allemandes. Il interdit aussi la fabrication de sous-marins, de chars, d’avions et de gaz toxiques allemands. Ce traité contribue au ressentiment allemand d’après-guerre.
Le traité de Versailles prévoit également la création de la Société des Nations. Bien que le président américain Woodrow Wilson soit un fervent partisan de la Société des Nations, le Sénat américain vote contre l’adhésion des États-Unis. Par contre, le Canada en est un membre fondateur.
Le Canada se positionne sur la scène mondiale
Le Canada n’a que peu d’influence sur la forme finale du traité, mais le premier ministre sir Robert Borden mène une lutte victorieuse et historique pour que le Dominion obtienne une représentation distincte à la Conférence de paix et des signatures distinctes dans le traité. Il croit avec ferveur que le Canada, dont 60 000 soldats sont morts sur les champs de bataille, a payé le prix pour une telle reconnaissance. Cette représentation distincte accroît le prestige du Canada et lui donne davantage d’occasions de faire connaitre son point de vue.
Toutefois, lorsque vient le moment de signer le traité, le premier ministre de la Grande-Bretagne le signe au nom de tout l’empire, y compris les dominions (le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud). Ce geste diminue l’importance de leurs signatures individuelles durement acquises qui apparaissent sur le document, mais en alinéa; les noms de leurs pays figurent sous celui de l’Empire britannique.
La participation du Canada reflète l’ambiguïté de sa position dans le monde. Le pays demeure subordonné à la Grande-Bretagne, tant dans les faits que dans la perception des autres nations, mais sa personnalité internationale émergente est reconnue.
Le traité prévoit également la création de la Société des Nations, dont le Canada serait membre à part, offrant ainsi un autre moyen de faire avancer et reconnaitre son statut de pays indépendant.