Les explorateurs portugais étaient parmi les premiers Européens à poser les yeux sur ce qui est maintenant le sol canadien. Quelques colons portugais vivaient également sur la côte atlantique et en Nouvelle-France. Au 20e siècle, l’immigration portugaise s’intensifie dans les années 1950, jusque dans les années 1980.
Lors du recensement canadien de 2021, 448 305 personnes ont déclaré être d’origine portugaise, et 266 555 personnes ont déclaré avoir le portugais comme langue maternelle.
Historique
Entre le milieu et la fin du 15e siècle, on croit que Diogo de Teive (1452), Joao Vaz Corte-Real (1470), Joao Fernandes et Pedro de Barcelos (1493) ont débarqué sur la côte est du Canada. De plus, il existe des preuves indiscutables des explorations de Miguel et de Gaspar Corte-Real, qui se sont perdus dans les eaux de Terre-Neuve, respectivement en 1501 et en 1502. De nombreux toponymes d’endroits confirment également que les Portugais pêchent la morue dans les Grands Bancs de Terre-Neuve. Le nom Labrador est probablement dérivé du portugais lavrador (« petit propriétaire terrien » ou « fermier »). Ceci montre que les Portugais connaissaient ce territoire. Toutefois, en cinq siècles de contacts épisodiques, seul un petit groupe de pêcheurs portugais s’est établi sur la côte de l’Atlantique. Par ailleurs, les Portugais de la Nouvelle-France descendent de quelques familles immigrantes venues en 1668 et plus tard.
Migration et peuplement
Au fil des ans, les personnes d’origine portugaise immigrent au Canada pour les mêmes raisons que les autres groupes démographiques. Plusieurs décident de venir pour des occasions économiques, le manque de travail dans leur pays d’origine et un désir d’échapper à l’oppression politique.
L’immigration portugaise, à peine perceptible dans les années 1940 (environ 200 personnes) augmente rapidement après 1953, avant de retomber vers la fin des années 1970. De 1951 à 1957, 8 115 personnes immigrent du Portugal. De 1958 à 1962, ce chiffre se double à 16 731. De 1963 à 1967, l’immigration augmente à 32 473, puis passe à 54 199 de 1968 à 1973. En 1984, la tendance migratoire diminue à seulement 869.
Les personnes immigrantes d’origine portugaise arrivent des archipels des Açores (70 % de la cohorte migratoire), de Madère et de la partie continentale du pays. Parmi celles et ceux qui sont arrivés au cours des années 1950, un grand nombre sont envoyés travailler dans les régions rurales et isolées du Canada. Cependant, iels ne tardent pas à s’établir dans de plus grandes villes.
Le fait de s’installer dans les villes améliore leur situation économique. La plupart des ouvriers portugais travaillent d’abord dans les fermes ou pour les chemins de fer. Lorsqu’ils déménagent en ville, ils cherchent du travail en entretien ménager, dans la construction et à l’usine. Les femmes sont domestiques, ouvrières du textile ou affectées à la transformation des aliments. Au cours des années 1960, de plus en plus de familles se mettent à ouvrir des boutiques de vêtements ou d’accessoires, des poissonneries, des boulangeries et des restaurants. La minorité qui possède une formation secondaire deviennent souvent agents d’immeubles ou de voyages, moniteurs de conduite automobile ou offrent divers services aux membres de leur communauté. À partir des années 1970, la deuxième génération, formée au Canada, compte des enseignant(e)s du secondaire, des avocat(e)s, des travailleurs et travailleuses sociaux, des ingénieur(e)s et des fonctionnaires. D’autres, plus nombreux encore, travaillent dans des métiers spécialisés ou semi-spécialisés.
Lors du recensement de 2021,448 305 personnes au Canada déclarent être d’origine portugaise). La majorité de la communauté portugaise au Canada habite en Ontario (300 600), suivi du Québec (64 385) et de la Colombie-Britannique (39 755). La plupart des personnes d’origine portugaise vivent dans les centres urbains, même s’il existe quelques concentrations rurales.
Vie sociale et culturelle
Pour la première génération de personnes immigrantes du Portugal, la vie culturelle communautaire est en grande partie liée aux formes de loisirs populaires. On inclut notamment les parties de soccer, les bals, les pique-niques et la musique. Ces activités récréatives sont commanditées par des clubs, en collaboration avec des associations régionales, des paroisses ou encore avec des associations politiques portugaises. De nos jours, là où le nombre le permet, de nombreuses écoles et universités du Canada enseignent la culture classique et la langue portugaises après les heures normales de classe.
Selon le recensement de 2021,266 555 personnes déclarent avoir le Portugais comme langue maternelle (première langue apprise). Sur ce chiffre, 113 305 vivent dans la région métropolitaine de Toronto et 37 195 vivent dans le Grand Montréal. De nombreuses personnes de la première génération préfèrent participer aux activités en langue portugaise. Cependant, ce n’est pas toujours le cas des jeunes générations éduquées au Canada.
Il se publie plusieurs journaux portugais à Toronto, à Montréal, à Winnipeg et à Vancouver.
Traditionnellement, la plupart des personnes d’origine portugaise sont catholiques (voir Catholicisme). Cependant, plusieurs se sont convertis à d’autres confessions chrétiennes, par exemple, aux églises pentecôtiste, baptiste, et adventiste du septième jour ainsi qu’aux témoins de Jéhovah.
Maintien de l’identité ethnique
La cohorte de première génération du Portugal a le souci de conserver leur identité culturelle, leur Portuguesismo. Cependant, leur fidélité à leur localité d’origine est également très forte. Au niveau local, l’insistance sur l’avancement économique individuel et familial, appuyée par les différences de classes basées sur l’éducation et le mode de vie, fait parfois obstacle à une véritable cohésion ethnique.