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North Shore (New Brunswick) Regiment

Le North Shore (NB) Regiment (NS(NB)R) est un régiment d’infanterie bilingue de la Première réserve de l’Armée canadienne. Il fait partie du 37e Groupe‑brigade du Canada au sein de la 5e Division du Canada. Le régiment compte quatre compagnies. Le quartier général et le manège militaire principal se trouvent à Bathurst au Nouveau-Brunswick, tandis que les autres compagnies sont situées à Campbellton, Miramichi et Moncton. Les honneurs de guerre du régiment NS(NB)R comprennent Passchendaele à Ypres en 1917 et la côte 70 (Première Guerre mondiale); et le débarquement de Normandie et la bataille de l’Escaut (Deuxième Guerre mondiale).

Archie MacNaughton
Révérend Raymond Myles Hickey

Débuts

Le North Shore (NB) Regiment trouve ses origines dans l’occupation britannique du Nouveau‑Brunswick, au tout début du 18e siècle. La population de la région croît considérablement avec l’afflux de Britanniques loyalistes fuyant la Nouvelle‑Angleterre après la révolution américaine (1775‑1783). Les différentes milices coloniales participent aux actions militaires de la guerre de 1812, de la guerre civile américaine (1861‑1865) et des raids des fenians (1866‑1871).

73 rd Northumberland

Prédécesseur direct du NS(NB)R, le 73rd Northumberland New Brunswick Battalion of Infantry est créé à Chatham au Nouveau‑Brunswick, le 25 février 1870, avec l’absorption des milices locales. En 1900, l’unité est renommée 73 rd Northumberland Regiment.

Les membres du régiment se portent volontaires lors de la guerre d’Afrique du Sud (guerre des Boers) qui se déroule de 1899 à 1902. Plus de 560 Néo‑Brunswickois, sur un total d’environ 7000 Canadiens, servent lors de cette guerre. Il s’agit de la première force combattante du Canada à être déployée outre‑mer.

Première Guerre mondiale

Durant la Première Guerre mondiale, le 73rd Northumberland Regiment ne sert pas outre-mer ni ne combat en tant qu’unité. Au lieu, certains de ses membres se font volontairement transférer dans d’autres bataillons du Corps expéditionnaire canadien. Des efforts sont faits pour créer un bataillon North Shore qui servirait d’unité de combat unique, et le 132nd North Shore Battalion est donc établi le 22 décembre 1915. À cette même date, le 165e Bataillon (Acadien) est formé et il recrute des Acadiens dans les provinces maritimes.

Selon l’historien Claude E. Léger dans son livre Le Premier Régiment North Shore, 1060 hommes originaires des régions de Campbellton, Dalhousie, Bathurst et Newcastle s’enrôlent dans le 132e et s’embarquent pour la Grande-Bretagne le 26 octobre 1916. Également, 641 autres hommes s’enrôlent dans le 165e et s’embarquent pour la Grande-Bretagne le 28 mars 1917. Cependant, les deux unités sont dissoutes en Angleterre. Toujours selon Claude E. Léger, certains hommes du 165e sont transférés au nouveau Corps forestier canadien, qui travaille en France. Ceux du 132e sont dispersés dans d’autres unités et 197 sont tués au combat dans les batailles d’Arras, de la côte 70, de Passchendaele, d’Amiens, de la ligne Hindenburg et de Mons. Après la guerre, le régiment est renommé Northumberland (New Brunswick) Regiment.

Le saviez-vous?
Herman James Good était l’un des héros du North Shore de la Première Guerre mondiale. Le caporal Good a reçu la Croix de Victoria pour ses actions lors de la bataille d’Amiens en août 1918, au cours de laquelle il s’est emparé à lui seul de trois positions de mitrailleuses allemandes. Plus tard cette même journée, avec trois hommes de sa section, il a également capturé une batterie d’artillerie composée de trois canons de 150 mm.


North Shore (New Brunswick) Regiment

Le 1er avril 1922, les unités de la Première Guerre mondiale sont regroupées au sein d’un nouveau régiment nommé North Shore (New Brunswick) Regiment [NS(NB)R]. Le nom North Shore semble provenir du lieu de stationnement du régiment, dans le nord du Nouveau‑Brunswick. Les premières listes de volontaires montrent que la plupart d’entre eux vivent dans les comtés de Restigouche, de Gloucester, de Northumberland et de Kent, qui bordent la baie des Chaleurs, le golfe du Saint‑Laurent et le détroit de Northumberland.

Quatre ans plus tard, l’insigne de coiffure du régiment est créé. Il comprend le nom North Shore New Brunswick, l’image d’un cerf représentant l’esprit de combat du régiment et sa devise « Pro Jure Constans » (Ferme pour le droit).

Insigne de coiffure régimentaire

Deuxième Guerre mondiale

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate en septembre 1939, les volontaires affluent vers les postes de recrutement. Plusieurs sont sans emploi en raison de la crise des années 1930. Lorsqu’arrive le mois de juin 1940, l’effectif du NS(NB)R est complet et composé de 948 hommes de troupe et 24 officiers. L’entrainement commence à Woodstock. Ce groupe est désigné sous l’appellation de 1er Bataillon et il est intégré à l’Armée active canadienne (CASF). Environ 35 % de ses membres sont francophones, 60 % anglophones et 5 % sont Autochtones ou Noirs. Les volontaires autochtones sont principalement des Mi’kmaq et des membres des Premières Nations malécites. Près de la moitié du régiment est de religion catholique.

À peu près en même temps, le 2e Bataillon est créé en tant que force de réserve au sein de la Non-Permanent Active Militia (NPAM) pour assurer la défense au pays. Ses hommes peuvent toutefois être transférés à la CASF pour servir là où on a besoin d’effectifs, y compris outre-mer. Selon l’historien William Bird, au cours des deux années suivantes, environ 1000 hommes sont transférés de la NPAM, la plupart vers les FAC.

Le 5 décembre 1940, le NS(NB)R (1er Bataillon) est transféré à Sussex au Nouveau‑Brunswick, où il se joint au Queens Own Rifles et au Régiment de la Chaudière pour former la 8e Brigade d’infanterie canadienne. Ces trois régiments combattent côte à côte pendant la plus grande partie de la guerre. La 8e Brigade fait partie de la 3e Division d’infanterie canadienne, qui comprend également les 7e et 8e brigades d’infanterie, ainsi que les Cameron Highlanders d’Ottawa et des unités de l’Artillerie royale canadienne (ARC).

Départ du North Shore (NB) Regiment pour l’étranger

Le 21 juillet 1941, le régiment s’embarque pour Liverpool sur le Duchess of York. Selon William Bird : « Les routes longeant le port de Halifax étaient bordées de centaines de voitures et de civils agitant la main. Les drapeaux flottaient au vent et les klaxons retentissaient. On aurait dit que le monde entier savait ce qui se passait. »

Le régiment passe presque trois ans en entrainement intensif qui comprend des simulations de combats et des répétitions de débarquements sur des plages à travers l’Angleterre et l’Écosse. Lorsqu’ils ne sont pas en service, les hommes du régiment NS(NB)R jouent au hockey et au baseball, remportant plusieurs championnats de l’Armée canadienne. Leurs performances exceptionnelles durant les évaluations militaires et les compétitions les positionnent rapidement en tant qu’un des meilleurs régiments de l’Armée canadienne. Ceci contribue à la décision d’intégrer la 3e Division d’infanterie canadienne à la première vague de l’invasion de la Normandie.

L’équipe de baseball championne du North Shore (NB) Regiment

Le saviez-vous?
Alors que le régiment était stationné au Royaume-Uni, le caporal Aurele Joseph « Howie » Aubie a composé une chanson intitulée The Old North Shore qui est devenue très populaire dans les tavernes et dans les casernes. Howie Aubie a été tué lors de la prise de Cairon en France, le 11 juin 1944. Toutefois, sa chanson The Old North Shore a continué de vivre et a gagné en popularité. Elle est devenue la chanson de marche non officielle du régiment et elle est jouée lors de la plupart des défilés auxquels participe la fanfare.


George Baker débarquant à Juno Beach
Dollar canadien en argent 2019
Signatures de soldats
Lieutenant Fred Moar

Le jour J (le 6 juin 1944), le régiment NS(NB)R débarque sur Juno Beach vers 8 h, sous le commandement du lieutenant‑colonel Donald B. Buell. Il réussit à éliminer un emplacement fortifié allemand (position d’artillerie) défendu avec des canons et des mortiers de 50 mm et de 75 mm et à s’emparer du village de Saint‑Aubin‑sur‑Mer à 11 h 15. Le régiment s’avance ensuite à l’intérieur des terres et en soirée, il s’empare de Tailleville. Le fait que le régiment est composé d’un grand nombre d’hommes bilingues représente un atout de premier plan durant l’invasion. Ils gagnent rapidement la confiance des habitants français de la région et ils obtiennent de précieux renseignements sur les forces allemandes présentes dans la zone.

Saint-Aubin-sur-Mer

La mi-juin est consacrée aux combats dans la vallée de la Meuse, principalement à Cairon et Lasson. Du 4 au 9 juillet, le NS(NB)R participe à la violente bataille de Carpiquet pour s’emparer de son aérodrome et disposer d’une base de lancement pour l’attaque du centre de commandement allemand à Caen. L’attaque est un succès, mais elle fait 68 morts et 204 blessés dans le régiment. Le NS(NB)R combat également à Colombelles, au bois Quesnay, à Sassy et à Bernay.

En septembre, le NS(NB)R prend part à l’effort canadien visant à détruire le Mur de l’Atlantique de Hitler et à s’emparer des ports français de la Manche. Ces ports sont nécessaires pour accélérer l’acheminement des ravitaillements vers le front qui progresse rapidement.

Les missions du NS(NB)R sont d’attaquer les défenses allemandes de Boulogne et de Sangatte. En octobre, les hommes de la 3e Division du Canada, qui comprend le NS(NB)R, gagnent le surnom de « The Water Rats (Rats d’eau) » alors qu’ils combattent dans la brutale bataille de l’Escaut aux Pays‑Bas, qui dure un mois. Cette bataille fait 6367 victimes canadiennes (voir Le Canada et la bataille de l’Escaut).

En février 1945, les Canadiens envahissent l’ouest de l’Allemagne, combattant dans la Rhénanie inondée (voir Le Canada et la campagne de la Rhénanie). Le 26 février, le NS(NB)R s’empare du village de Keppeln, au coût de 28 morts et 56 blessés. À la fin de mars, les Canadiens franchissent le Rhin pour pénétrer au cœur de l’Allemagne. En avril, le NS(NB)R et d’autres unités canadiennes bifurquent vers le nord‑ouest et terminent la libération des Pays‑Bas. L’un des derniers défis du régiment est la prise de la ville de Zutphen (6-8 avril), au cours de laquelle 15 hommes sont tués et 11 sont blessés. Les derniers jours de la guerre sont consacrés à la libération de villages néerlandais comme Makkum sur le Zuiderzee, et à la prise de villes allemandes comme Leer. À Ostersander, le 4 mai, ils reçoivent l’ordre : « Ouvrez le feu seulement si l’ennemi vous attaque. »

La guerre en Europe prend fin le 7 mai 1945, lorsque l’Allemagne se rend sans condition aux Alliés. Tout au long de la guerre, environ 2300 hommes servent en Europe avec le NS(NB)R, la majorité d’entre eux étant originaires du Nouveau-Brunswick. De ce nombre, 371 sont tués et 943 sont blessés. Il s’agit d’une considérable contribution de la part d’une des plus petites provinces du Canada.

Le saviez-vous?
En 2020, le ministère des Anciens combattants a dévoilé une affiche célébrant le 75e anniversaire de la libération des Pays-Bas et de la victoire des Alliés en Europe. L’affiche présente l’ancien combattant Norman Kirby, qui a servi dans le North Shore (New Brunswick) Regiment pendant la Deuxième Guerre mondiale.


Affiche de la Libération

Défis et contributions depuis 1945

Le 15 janvier 1946, le 1er Bataillon du NS(NB)R alors en service outre-mer est dissous. Le 2e Bataillon, créé en juin 1940, est resté au Nouveau-Brunswick comme force de réserve. Un 3e Bataillon est formé le 1er juin 1945 dans le cadre de la force d’occupation en Allemagne, mais il est dissous le 13 avril 1946. Au printemps 1946, le 2e Bataillon est renommé North Shore (New Brunswick) Regiment.

Depuis, les membres du régiment participent à des opérations de maintien de la paix et à des missions des Nations Unies et de l’OTAN, se portant volontaires pour servir à Chypre, en Croatie, au Rwanda, en Bosnie-Herzégovine et en Afghanistan.

Perte et rétablissement du nom du régiment

En 1954, le North Shore (NB) Regiment est fusionné avec le 28th Field Battery de l’ARC et est redésigné 2e Bataillon du New Brunswick Regiment (North Shore). Deux autres régiments du Nouveau‑Brunswick, le Carleton and York Regiment et le New Brunswick Scottish, fusionnent pour former le 1er Bataillon du New Brunswick Regiment (Carleton and York). En 1956, le régiment est redésigné 2e Bataillon du Royal New Brunswick Regiment (North Shore).

Toutefois, ces changements ne sont jamais acceptés par les anciens combattants du NS(NB)R, ni par leurs familles, ni même par de nombreux citoyens du Nouveau‑Brunswick, qui estiment tous que le régiment a gagné sa place l’histoire durant la Deuxième Guerre mondiale. Une campagne est lancée pour rétablir le nom original du régiment, et elle gagne éventuellement le soutien de Peter MacKay, qui est alors ministre de la Défense nationale. Le nom original du régiment est officiellement rétabli lors du défilé et de la cérémonie du jour J en juin 2012.

Vitrail

Le Nouveau-Brunswick se souvient

En 2019, plusieurs activités sont organisées pour commémorer le 75e anniversaire du jour J, dont un voyage en Europe qui réunit plus de 150 élèves, des membres du personnel du régiment et des membres des familles des anciens combattants. Ce voyage est renouvelé en 2024 avec 300 participants pour le 80e anniversaire du jour J.

En 2024, l’enseignant Brandon Savage conçoit un cours d’histoire de 12e année sur l’histoire du NS(NB)R qui est donné dans cinq écoles du Nouveau-Brunswick. Un an plus tard, l’équivalent du cours en version française est offert à l’École secondaire Népisiguit de Bathurst par l’enseignant Samuel Jean, alors sergent avec le NS(NB)R. Les cours utilisent les manuels Once Hundred Years et Cent Ans de Bruce Morton.

Les drapeaux du North Shore (NB) Regiment

Couleurs du régiment

Les couleurs du régiment font référence à deux drapeaux, le Regimental Colour (le drapeau du régiment) et le Queen’s Colour (le drapeau de la reine). Ces deux drapeaux sont fréquemment arborés ensemble et sont des symboles de la fierté, de l’honneur et du dévouement du régiment. Afin de marquer définitivement le rétablissement du nom du régiment, une cérémonie est organisée en mai 2019 pour la remise des drapeaux. Le Regimental Colour arbore une image semblable au célèbre insigne régimentaire présentant un cerf et la devise du régiment. Cet insigne était porté par tous les grades du régiment durant la Deuxième Guerre mondiale. Le Regimental Colour arbore également les honneurs de guerre.

Honneurs de guerre

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