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Nancy Karetak-Lindell

Nancy Uqquujuq Karetak-Lindell, C.M., cheffe inuite, sénatrice, politicienne (née le 10 décembre 1957 à Eskimo Point dans les Territoires du Nord-Ouest [maintenant Arviat au Nunavut]). Nancy Karetak-Lindell est une sénatrice inuite du Nunavut, et elle a été députée du Nunavut de 1997 à 2008. Elle a également été présidente du Conseil circumpolaire inuit du Canada. Contrôleuse financière de formation, Nancy Karetak-Lindell a mené une longue carrière au sein d’organisations inuites et elle a occupé plusieurs postes gouvernementaux avant de devenir sénatrice (voir Sénat du Canada). Nancy Karetak-Lindell est reconnue comme étant la première femme parlementaire à représenter l’Arctique de l’Est, ainsi que la première personne à représenter la nouvelle circonscription du Nunavut lors de sa création. Elle a également joué un rôle clé dans les négociations pour la création du Nunavut dans les années 1990.

Nancy Karetak-Lindell

Jeunesse et éducation

Nancy Karetak-Lindell naît dans la communauté majoritairement inuite d’Eskimo Point, située sur les rives de la baie d’Hudson, dans ce qui fait partie, à cette époque, des Territoires du Nord-Ouest. Depuis, la communauté a changé de nom pour Arviat. En 1999, Arviat s’intègre au nouveau territoire du Nunavut. Nancy Karetak-Lindell grandit au sein d’une famille unie, dont elle est l’une de dix enfants. Elle est la fille de Johnny Karetak et de Rhoda Akpaleapik Curley. Son père et son grand-père travaillent tous deux comme guides pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Sa mère inculque à ses enfants une solide éthique du travail et un engagement communautaire, étant particulièrement active dans sa communauté et au sein de l’église locale. L’engagement de sa famille envers sa communauté est reflété par le fait que leur maison sert d’abri temporaire pour les personnes de la communauté qui n’ont nulle part où aller.

Nancy Karetak-Lindell affirme qu’elle a eu le sentiment de ne pas avoir eu la chance de grandir avec ses nombreux frères et sœurs, car ils ont tous été envoyés au pensionnat indien. Elle fréquente l’école de sa communauté jusqu’en 8e année (secondaire 2). Elle doit ensuite fréquenter le pensionnat indien de Yellowknife pour ses études secondaires. Nancy Karetak-Lindell soutient que cela lui a causé, à elle et à sa famille, des difficultés inutiles, l’empêchant, elle, ses frères et sœurs et ses parents, de vivre tous ensemble durant leur jeunesse. Elle doit quitter la maison familiale de septembre à juin, et elle n’est autorisée à y retourner qu’en juillet et août. Cet éloignement de son foyer et de sa famille contribue à la perte de sa culture inuite. Bien que les enfants apprennent l’anglais à l’école, ses parents parlent principalement l’ inuktitut. De plus, ses parents ne sont pas encouragés à transmettre leurs connaissances traditionnelles inuites avec leurs enfants (voir aussi Histoires traditionnelles inuites). Cependant, compte tenu de la différence d’âge de 20 ans entre l’aîné et la cadette de la famille de Nancy Karetak-Lindell, cette dernière déclare qu’au moment où sa sœur cadette commence à être scolarisée, les mentalités ont changé. Ainsi, ses parents partagent leurs connaissances et leur culture inuites avec sa plus jeune sœur, qui est encouragée à embrasser son identité inuite.

Nancy Karetak-Lindell décrit son enfance comme étant relativement isolée, n’ayant jamais rencontré de personnes qui soient extérieures à sa communauté avant l’âge de 12 ans. Elle raconte également s’être rarement aventurée à l’extérieur de sa communauté avant son adolescence. Elle décrit sa principale source de contact avec le monde extérieur dans sa jeunesse comme étant Life, un magazine hebdomadaire de photojournalisme populaire au milieu du 20e siècle. Sa famille possède une radio, mais pas de télévision ni de téléphone. Il est courant pour les habitants de sa communauté d’échanger des fourrures de renard contre leurs provisions au magasin local de la Compagnie de la Baie d’Hudson, plutôt que d’utiliser de l’argent canadien.

Bien que Nancy Karetak-Lindell n’aime pas être loin de sa famille, elle aime l’école et la quête du savoir. Sentant que le pensionnat indien ne lui offre pas suffisamment de défis, elle décide d’aller rejoindre son oncle qui vit à Ottawa et d’y terminer ses études secondaires. Elle décrit cette transition comme un grand changement, comparable à un déménagement dans un autre pays. Elle se souvient avoir eu le sentiment d’avoir plus en commun avec les enfants des diplomates étrangers qu’avec les autres Canadiens.

Après le secondaire, Nancy Karetak-Lindell fréquente brièvement l’Université Trent. Toutefois, elle interrompt ses études parce qu’elle se sent épuisée après avoir passé plus de sept ans loin de chez elle.

Elle épouse Jon K. Lindell, et ils sont mariés de 1979 jusqu’au décès de ce dernier en 1998. Ils ont quatre enfants et douze petits-enfants.

Carrière

Lorsqu’elle retourne chez elle, Nancy Karetak-Lindell occupe divers postes de direction. Elle occupe ces postes pendant 15 ans, notamment à la Arviat Housing Association et au Eskimo Point Lumber Supply. En 1997, elle est d’abord élue représentante du Nunavut à la Chambre des communes, devenant ainsi la première femme inuite à représenter l’Arctique de l’Est. Lors de la création du territoire du Nunavut en 1999, Nancy Karetak-Lindell devient la première personne à le représenter au Parlement. Elle est réélue trois fois, servant ses électeurs pendant onze ans. Durant cette période, elle occupe divers postes et portefeuilles, dont celui de secrétaire parlementaire du ministre des Ressources naturelles (voir Ressources naturelles Canada). Elle siège également à de nombreux comités tout au long de son mandat parlementaire. De plus, elle est présidente et vice-présidente du Comité permanent des affaires autochtones, du développement du Grand Nord et des ressources naturelles.

Dans les années 1990, Nancy Karetak-Lindell est également une figure clé dans les négociations qui mènent à la création du Nunavut.

Après avoir passé onze ans au Parlement, Nancy Karetak-Lindell décide de quitter la politique pour consacrer plus de temps à sa famille grandissante et à ses parents âgés. De 2009 à 2012, elle est directrice du programme de Bourse nordique Jane Glassco. Elle préside également le Indigenous Knowledge Program pour la Conférence de l’Année polaire internationale de 2012, le Nunavut Development Centre et le Nunavut Business Development Centre, avant d’être nommée présidente de la section canadienne du Conseil circumpolaire inuit en 2016.

Nancy Karetak-Lindell est nommée au Sénat du Canada le 19 décembre 2024. Lors de la cérémonie, elle porte des vêtements et des bijoux traditionnels inuits confectionnés par sa mère et deux de ses enfants. Elle a également sur elle la Bible de sa mère (écrite en écriture syllabique inuktitute) et elle prête serment en inuktitut et en anglais, les deux langues qu’elle maîtrise.

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