Jesse Nodin Wente, écrivain anishnaabe, programmateur, commentateur culturel (né en avril 1974 à Toronto en Ontario). Jesse Wente a conquis le public grâce à sa connaissance du cinéma et à sa capacité d’exprimer l’importance d’une représentation autochtone positive des deux côtés de la caméra, ce qui l’a mené à devenir directeur fondateur du Bureau de l’écran autochtone.
Jesse Wente au Festival international du film de Toronto
Jesse Wente a travaillé comme programmateur au Festival international du film de Toronto (TIFF). Durant son mandat au TIFF, il a dirigé le TIFF Bell Lightbox et a supervisé la Cinémathèque du TIFF. Il s’est également occupé de l’organisation des programmes
du First People’s Cinema et de la série de films Wide Awake d’Aazbingawaski.
Credit: (George Pimentel/WireImage/Getty Images)
Jeunesse
Jesse Wente naît de Constance, une Ojibwée de la Première Nation de Serpent River (Genaabaajing Anishinaabek), et de Jim, un Américain originaire de Chicago (voir aussi Premières Nations en Ontario). Il grandit dans East York, un quartier de Toronto, et ses parents travaillent dans un parc industriel à proximité. Comme ses deux parents travaillent, Jesse Wente et sa sœur cadette Maggie sont élevés par leur grand-mère maternelle Norma. Norma est une survivante du pensionnat indien St. Joseph, et elle enseigne à Jesse Wente l’histoire de la perte de leur langue. Son influence inculque à Jesse Wente le sens du devoir envers ses ancêtres. Bien qu’il n’a pas l’occasion d’interagir avec d’autres familles autochtones de Toronto, il se rend fréquemment à Serpent River. Ces séjours renforcent son lien avec son identité autochtone, mais également un sentiment de perte marqué par l’accès limité à sa communauté.
Jesse Wente fait ses études secondaires à la Crescent High School, et il est le premier élève autochtone de cette école privée. Cette expérience lui ouvre les yeux sur la notion d’avoir droit à tout. Elle lui fait également prendre conscience qu’il est le seul Autochtone dans ce lieu.
À trois ans, Jesse Wente découvre sa passion pour le cinéma lorsque ses parents l’emmènent voir Star Wars (v.f. La guerre des étoiles). Il devient un habitué du Golden Mile Theatre et du Fox Theatre, mais il décrit ses soirées passées avec sa mère à regarder l’émission Saturday Night at the Movies sur la chaine TVO comme étant sa « première école de cinéma ». Il nourrit son intérêt pour le cinéma en poursuivant le métier d’acteur dès son plus jeune âge. Son seul rôle est un rôle muet nommé « Bully #3 » aux côtés de William Shatner dans la série The Ray Bradbury Theatre (v.f. Le monde fantastique de Ray Bradbury). Son agent ne l’envoie pas passer d’autres auditions, et il lui fait remarquer qu’il doit se laisser pousser les cheveux pour jouer d’autres rôles autochtones, ce qui lui fait particulièrement prendre conscience du problème des stéréotypes.
En 1992, Jesse Wente s’inscrit au programme d’études cinématographiques de l’Université de Toronto. Il obtient une bourse destinée aux étudiants autochtones, et sa mère l’encourage à rendre la pareille à sa communauté.
Carrière de critique de cinéma et de programmateur
Durant sa dernière année d’études, Jesse Wente obtient un contrat de producteur associé à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC/SRC). À la fin de son contrat, il est chargé de rédiger des critiques de films pour l’émission Metro Morning, alors que le critique habituel est en congé. Jesse Wente est embauché à temps plein à la CBC en 1998, et en tant que critique et producteur, il utilise sa position pour mettre en valeur les voix autochtones.
En 2005, Jesse Wente se joint au conseil d’administration du imagineNATIVE Film + Media Arts Festival. Il est notamment chargé d’aider le comité de programmation. Il effectue également la programmation du Reel World Festival. En 2006, on lui offre un poste de programmateur des longs métrages canadiens au Festival international du film de Toronto (TIFF) et il quitte CBC. Ses compétences de conservateur et de leader communautaire incitent Noah Cowan du TIFF à l’embaucher pour diriger le TIFF Bell Lightbox dès son ouverture en 2010 et pour superviser sa programmation, incluant celle de la Cinémathèque du TIFF. Jesse Wente s’occupe de l’organisation des programmes du First People’s Cinema en 2012, qui est alors la plus grande rétrospective mondiale de cinéma autochtone, et de la série des films autochtones Wide Awake d’Aazbingawaski en 2017.
Jesse Wente décrit le TIFF comme son « emploi de rêve », mais il affirme s’être senti par la suite utilisé comme un symbole d’inclusion par l’organisme. Il présente sa démission du TIFF peu avant le festival de 2017, après que les programmateurs choisissent trois films et lui demandent spécifiquement de les présenter sous un angle autochtone, dont le western hollywoodien Hostiles, que Jesse Wente qualifie de film « ouvertement raciste ».
Jesse Wente
Tout au long de sa carrière, Jesse Wente a occupé de nombreux postes importants dans le milieu du cinéma. Il a travaillé au Festival international du film de Toronto comme programmateur et au Bureau de l’écran autochtone en tant que premier directeur
général. Il est également l’auteur du livre sur ses mémoires au succès national, Unreconciled: Family, Truth, and Indigenous Resistance.
(Alberto E. Rodriguez/Getty Images)
Bureau de l’écran autochtone
En 2018, Jesse Wente est nommé directeur fondateur du Bureau de l’écran autochtone (BEA), une entité indépendante créée pour améliorer la représentation des Premières Nations, des Métis et des Inuits au cinéma et à la télévision. Il est le seul employé du BEA à ses débuts et il est chargé de jeter les bases de l’organisme alors que celui-ci se développe, afin de financer des projets dirigés par des Autochtones et de favoriser le renforcement des capacités. Lorsqu’arrive l’année 2022, le BEA a réussi à accroître la présence du cinéma autochtone au Canada et compte alors dix employés à temps plein (voir aussi Cinéastes autochtones influents au Canada). En 2022, Jesse Wente annonce qu’il quitte son poste après avoir atteint ses objectifs de mandat.
Travail en tant que défenseur, producteur et écrivain
Jesse Wente siège à de nombreux conseils d’administration, dont celui du Toronto Arts Council et du Conseil des arts du Canada, et il est président de ce dernier de 2020 à 2025. Il est le premier Autochtone à occuper ce poste.

Jesse Wente est producteur du documentaire Inconvenient Indian (2020), qui est largement salué pour son portrait de la représentation autochtone à l’écran et de l’appropriation culturelle. Cependant, la distribution du film est interrompue, en consultation avec Jesse Wente, lorsque l’identité autochtone de la réalisatrice Michelle Latimer est remise en question en décembre de la même année. Le film est ensuite diffusé en diffusion continue sur le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) en 2022.
En 2025, Jesse Wente est nommé conteur autochtone en résidence à l’Université métropolitaine de Toronto. Il est également un auteur, et en 2021, il publie ses mémoires sous le titre Unreconciled: Family, Truth, and Indigenous Resistance, livre qui devient un succès de librairie national. En 2025, il annonce la sortie de son premier livre pour enfants, Danger Eagle, qui est inspiré d’un jouet d’enfance qui l’a aidé à développer son esprit critique au sujet du cinéma. Il participe à de nombreux documentaires, à des conférences et à des émissions en tant qu’invité pour partager ses connaissances sur le cinéma.
Vie personnelle
Jesse Wente est marié à Julie, une avocate. Ils ont deux enfants.
Prix
- Prix Reelworld Activist, Reelworld Film Festival (2017)
- Prix Ann Arbor, Université de Toronto (2021)
- Prix Kobo Emerging Writers Prize in Non-Fiction (2022)
- Prix BMO du communicateur de l’année, IABC/Toronto (2022)