Groupe Birks inc. est une marque canadienne de joaillerie, d’orfèvrerie et d’argenterie de luxe, reconnue pour la conception, la fabrication et la vente au détail de bijoux de qualité, de pièces d’argenterie et d’horlogerie et d’articles cadeaux variés. (Voir aussi Bijouterie et de l’argenterie, industrie de la; Horloges et montres.) L’entreprise se distingue par ses boîtes et ses emballages bleus emblématiques.
Vitrine de Birks
Vitrine de Birks à Toronto, en Ontario, le 20 juin 2013.
(photographe Galit Rodan/Bloomberg via Getty Images)
Henry Birks
La compagnie et la marque Birks sont fondées par Henry Birks, homme d’affaires, orfèvre et philanthrope. La famille Birks possède une très longue tradition d’orfèvrerie qui remonte au 17e siècle, époque à laquelle ses membres exercent le métier de maître orfèvre à Sheffield, en Angleterre. Henry Birks étudie en commerce à la Montreal High School. Il obtient son diplôme en 1856, puis passe l’hiver suivant à Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup, au Québec, pour améliorer ses compétences en français. À son retour à Montréal en 1857, il commence à travailler chez Savage and Lyman, qui possède à l’époque une importante entreprise de bijouterie et d’horlogerie très respectée située sur la rue Notre-Dame. (Voir aussi Argenterie; Horloges et montres.)
Fondation
En février 1879, Henry Birks ouvre sa propre boutique de joaillerie et d’horlogerie sur la rue St. James (aujourd’hui la rue Saint-Jacques). Cette rue est, du milieu à la fin du 19e siècle, le centre financier du Canada. L’entreprise connaît un grand succès et une croissance rapide. Ces facteurs le poussent à emménager dans des locaux plus spacieux situés dans la même rue en 1885, puis à s’associer avec ses trois fils, John, William and Gerald, en 1893. La société Henry Birks and Co. devient alors Henry Birks and Sons. Elle déménage ensuite dans un espace beaucoup plus grand sur la rue Sainte-Catherine, l’artère commerciale principale de Montréal à la fin du 19e siècle. Henry Birks est ami avec Henry Morgan, le propriétaire du grand magasin « Colonial House ». Les deux hommes décident de s’installer au square Phillips. Le magasin phare et le siège social de Birks se trouvent toujours au même endroit, en face du square Phillips.

En 1894, l’entreprise lance son premier catalogue. En 1896, Birks devient le distributeur exclusif à Montréal des articles d’or et d’argent non religieux de Hendery and Leslie. (Voir aussi Argenterie.) À l’époque, Hendery and Leslie est un fabricant canadien renommé de pièces d’argenterie. Il dispose d’une main-d’œuvre importante, de créations uniques et de nombreuses machines. En 1897, Birks fait l’acquisition de Hendery and Leslie.
Expansion
En 1901, l’entreprise prend de l’expansion grâce à une série de fusions orchestrées par William Birks, qui en est désormais le dirigeant. Ce dernier ambitionne de faire de Birks une marque canadienne emblématique. C’est ainsi qu’à la suite d’une série de fusions et d’acquisitions, l’entreprise s’étend dans tout le pays et ouvre des magasins à Ottawa (1901), à Winnipeg (1903), à Toronto (1905) et à Vancouver (1907). Parallèlement à cette croissance nationale, le magasin phare de Montréal fait l’objet d’un agrandissement considérable en 1907. Il occupe désormais tout le côté ouest du square Phillips. Ce magasin de 1 672 mètres carrés (18 000 pieds carrés) est équipé des toutes dernières technologies de l’époque, notamment d’un éclairage électrique. L’entreprise s’implante à Halifax en 1919 et à Calgary en 1920. Elle ouvre ensuite ses premières succursales en Europe, soit à Londres en 1925 et à Anvers en 1929.

Dans les années 1920, l’entreprise lance sa boîte bleue distinctive, devenue depuis l’objet et la couleur emblématiques de la marque.
En 1934, Birks obtient un mandat royal qui lui permet d’utiliser les armoiries de la Couronne britannique dans le cadre de ses activités commerciales. Ce mandat reconnaît également William Birks comme orfèvre du prince de Galles (voir Édouard VIII.).
Au cours des premières décennies du 20e siècle, l’entreprise poursuit son expansion à un rythme soutenu dans tout le Canada. À tel point qu’au moment de la Deuxième Guerre mondiale, elle détient un monopole de fait sur les produits en or et en argent à l’échelle nationale.
En 1954, lors de l’inauguration de la première galerie marchande intérieure au Canada, située à Dorval, au Québec, Birks ouvre la première bijouterie au pays dans un centre commercial.
En 1979, à l’occasion de son centenaire, l’entreprise fait don de la Collection Henry Birks d’orfèvrerie canadienne au Musée des beaux-arts du Canada. Cette collection figure parmi les plus grandes au monde. Dans les années 1980, l’entreprise connaît une expansion vigoureuse aux États-Unis et au Canada. À son apogée, elle compte plus de 200 succursales. Mais cette expansion rapide et excessive n’est pas couronnée de succès, et l’entreprise se place sous la protection de la Loi sur la faillite au début des années 1990.
En 1993, Jonathan Birks vend l’entreprise à la société italienne Bergosesia Acquisitions Corporation, qui deviendra plus tard le groupe Regaluxe. Birks est aujourd’hui cotée en bourse sous le symbole BGI.
21e siècle
En 2001, le magasin phare de Birks situé au square Phillips Square est entièrement rénové. En 2005, Henry Birks and Sons inc. fusionne avec la société américaine Mayors Jewelers Inc. pour former Birks and Mayors. En 2013, cette entité prend le nom de Groupe Birks.
En 2007, Birks devient le commanditaire et fournisseur officiel des bijoux des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. (Voir aussi Le Canada aux Jeux olympiques d’hiver de 2010.)
En 2017, la société vend la chaîne Mayors.
Activités actuelles
L’entreprise exploite des succursales phares dans plusieurs grandes villes canadiennes et son siège social est situé près de magasin phare d’origine à Montréal. Elle compte 25 magasins Birks à travers le Canada et emploie plus de 290 employés. L’entreprise demeure le premier concepteur, fabricant et détaillant canadien de cadeaux, de montres et de bijoux haut de gamme. En 2017, elle entreprend des travaux de rénovation au magasin phare de Montréal afin de transformer une partie du bâtiment en hôtel-boutique de luxe.
Affaire devant la Cour suprême
En 1955, la Cour suprême du Canada statue en faveur de Henry Birks and Sons et d’autres entreprises dans une affaire concernant l’ancienne interdiction de faire des affaires les jours de fête religieuse. Outre les lois puritaines qui interdisent l’exercice d’une activité commerciale le dimanche au Québec, les règlements municipaux stipulent également que les activités commerciales doivent cesser pendant les jours de célébration des saints catholiques. (Voir aussi Catholicisme au Canada.) Henry Birks and Sons conteste ces lois en raison des pertes de revenus qu’elles entraînent. La Cour statut que cette affaire ne relève pas de la compétence des provinces. Ce jugement marque le début de l’évolution du droit public vers une base laïque plutôt que religieuse, qui s’amorce dans la jurisprudence canadienne pendant la seconde moitié du 20e siècle.