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Fusil C7 et carabine C8

Le fusil C7 et la carabine C8 sont des fusils d’assaut de calibre 5,56 mm. En 1982, le ministère de la Défense nationale a confié la production des C7 et C8 à Diemaco (devenu par la suite Colt Canada). Le Canada a adopté ces deux fusils pour remplacer le fusil FN C1 et la mitraillette C1. Les Forces armées canadiennes ont utilisé les C7 et C8 pendant plus de 35 ans. De nombreux autres pays ont adopté les C7 ou C8, y compris des alliés de l’OTAN comme les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège. Certains services de police canadiens ont également adopté les carabines semi-automatiques C8. En mars 2026, le Canada a annoncé qu’il adoptait le fusil d’assaut modulaire canadien pour remplacer les vieux fusils C7 et C8.

Un fusil noir avec une crosse fixe et une poignée de transport.
Un fusil noir avec une crosse fixe et une poignée de transport.

Contexte historique et adoption

En 1980, l’OTAN adopte une nouvelle cartouche pour armes légères; la 5,56 × 45 mm. Depuis les années 1950, la plupart des fusils et mitrailleuses de service de l’OTAN utilisent la cartouche de 7,62 × 51 mm, plus grosse et plus puissante. (Voir Fusil FN C1; Mitrailleuse polyvalente C6). Cependant, l’idée d’un plus petit calibre comme le 5,56 × 45 mm gagne du terrain. Comparée à la cartouche de 7,62 × 51 mm, la cartouche de 5,56 × 45 mm, plus petite et moins puissante, est plus facile à utiliser, elle a moins de recul et elle peut être transportée en plus grande quantité.

Fusil FN C1A1
Un soldat tient un fusil, appuyé sur une branche d'abre

Au début des années 1980, le Canada lance un programme qui vise à moderniser son arsenal d’armes légères. Ce programme comprend le fusil FN C1, qui est alors en service depuis les années 1950.

Lorsqu’arrive juin 1982, les forces canadiennes ont alors testé le fusil belge FN FNC, le comparant au fusil américain Colt AR-15, lors d’essais sur le terrain. Les soldats d’infanterie essaient les versions de type fusil, tandis que les équipages de chars d’assaut utilisent les versions plus courtes de type carabine.

Les résultats démontrent que les deux armes à feu surpassent l’ancien FN C1 en matière de précision de tir, de poids, de facilité d’entretien et de fiabilité. Cependant, le AR-15 est plus léger, plus fiable et plus facile à entretenir que le FN C1. Les soldats constatent également que le AR-15 s’accroche moins sur les vêtements d’hiver. En conséquence, le Canada adopte le Colt AR-15 en version fusil, soit le C7, et en version carabine, soit le C8. Parallèlement, la mitrailleuse légère belge Minimi, qui surpasse largement l’ancienne C2, est adoptée sous la désignation C9.

Les sections d’infanterie canadiennes équipées des C7 et C9 sont ainsi entièrement standardisées avec la nouvelle cartouche OTAN de 5,56 × 45 mm.

En 1982, le gouvernement canadien attribue le contrat à Diemaco (qui devient plus tard Colt Canada), un fabricant d’armes à feu de Kitchener en Ontario. Diemaco produit les C7 et C9 sous la licence de Colt.

Aperçu mécanique

Le C7 et C8 sont basés sur la conception du fusil américain AR-15. Ils peuvent tous deux tirer en mode semi-automatique ou automatique. La cadence de tir en mode automatique est de 700-750 à 900-950 coups par minute.

Le saviez-vous?
Contrairement au M16A2 américain, le C7 ne dispose pas d’un mode de tir par rafales de trois coups. On a préféré lui conférer un mode de tir entièrement automatique.


Le système à gaz du AR-15 assure le cycle de l’arme en canalisant les gaz vers l’arrière à chaque tir. Ce gaz provient de l’extrémité du canon et circule à travers un tube pour actionner la culasse. Ce mécanisme permet l’éjection de la douille vide et l’introduction d’une nouvelle depuis le chargeur.

Le C7 et C8 utilisent des chargeurs amovibles de 30 cartouches. Ils peuvent également être équipés d’une baïonnette.

Les premiers modèles de C7 et C8 sont équipés de viseurs métalliques intégrés. Dans ces premiers modèles, la visée arrière comporte deux ouvertures de visée; une petite ouverture étroite, et une grande pour les conditions de faible luminosité et les courtes distances. Le C7 doit être réglé à 300 m, tandis que le C8 doit être réglé à 250 m.

Le premier fusil C7 est équipé d’une crosse fixe, il mesure 1 m de long avec un canon de 51 cm (20 pouces). Son poids non chargé est de 3,34 kg. À titre de comparaison, l’ancien FN C1 mesurait 1,14 m de long et pesait 4,22 kg.

La carabine C8, plus courte et dotée d’une crosse réglable, mesure entre 76 et 84 cm de long. Les premiers modèles de C8 sont également équipés d’un canon plus court et plus léger de 37 cm (14,5 pouces). La carabine pèse 2,68 kg à vide et sans accessoires.

Historique de service, améliorations et versions modernisées

Quelques années plus tard, le Canada adopte un nouveau boîtier supérieur de type « flat top » et équipé d’un rail Weaver. Le boîtier supérieur est la partie au-dessus de la carabine où sont fixés la visée arrière et le canon. Ce nouveau boîtier ne comporte plus de poignée de transport avec viseur arrière intégré. En revanche, cette innovation permet au fusil C7A1 nouvellement désigné, et plus tard aux carabines C8, d’être équipés de viseurs optiques amovibles. Le rail permet toujours le montage de viseurs métalliques de secours.

En 1986, les Forces armées canadiennes adoptent le viseur ELCAN OS3.4x, un système de visée à grossissement 3,4 fois, nommé C79. À cette époque, la plupart des forces armées n’équipent pas leurs fusils d’infanterie de lunettes de visée.

Dans les années 1990, les soldats canadiens sont déployés avec le C79 lors de la résistance de Kanesatake (1990), de la guerre du Golfe (1990-1991) et des opérations de maintien de la paix dans les Balkans, dont la bataille de la poche de Medak (1993).

Un soldat coiffé d'un casque bleu, tenant un fusil. À l'arrière-plan, on aperçoit d'autres soldats et un VBTT autour d'un bâtiment et d'une position fortifiée avec des sacs de sable.

À cette époque, certaines limites du C7 commencent à paraitre. Le fusil, avec sa crosse fixe, est long et encombrant dans les espaces restreints. Il est également difficile de l’équiper d’accessoires. De plus, la lunette optique du C79 s’avère peu fiable pour maintenir son réglage.

Durant la guerre en Afghanistan, les soldats canadiens déployés sont équipés de C7 et de C8. Bien qu’ils disposent d’un appui-feu et de capacités technologiques supérieurs à ceux des talibans, les soldats d’infanterie canadiens combattent tout de même dans des affrontements de tir intenses. (Voir Le Canada et l’opération Medusa.)

L’opération Medusa

La guerre donne probablement lieu à plusieurs avancées technologiques dans le domaine des armes légères. L’utilisation de viseurs holographiques non grossissants fabriqués par EOTech se généralise avec le C79. Les fusils C7 équipés de lance-grenades M203 deviennent également plus courants.

Au début des années 2000, l’Armée canadienne entreprend une modernisation à mi-vie du C7, ce qui aboutit au C7A2. Comme le C8, il est doté d’une crosse réglable permettant de raccourcir le fusil à 91,5 cm. Cette modification permet de s’adapter aux différentes formes et grandeurs des corps des soldats et au port d’un gilet pare-balles. Une lunette optique C79A2 améliorée remplace l’ancienne C79, dont le montage présentait des problèmes de maintien du réglage. Le système de rail TRI-AD est ajouté sous le guidon pour permettre la fixation de dispositifs de visée laser. Les fusils peuvent également être équipés d’une poignée verticale Cadex. De plus, la nouvelle version améliore l’ergonomie du fusil pour les tireurs gauchers, avec des modifications apportées au sélecteur de tir, au bouton d’éjection du chargeur et au levier d’armement. Le C7A2 se distingue notamment par son garde-main, sa poignée-pistolet et sa crosse de couleur verte.

Un soldat en uniforme vert qui tire un fusil C7A2 équipé d’un viseur optique et d’une poignée verticale.

Le C8 est également amélioré au fil du temps. À l’origine, il est doté d’un canon léger. Les modèles ultérieurs reçoivent des canons plus lourds pour permettre un tir plus soutenu. Le C8A3 actuellement en service bénéficie de nombreuses améliorations semblables à celles du C7A2.

Un matelot en uniforme noir tire une carabine C8A3 avec un viseur optique et une poignée verticale vers la mer.

En 2026, la famille de fusils C7 et C8 est alors en service depuis plus de 35 ans. Ces fusils deviennent de plus en plus obsolètes à mesure que de nouvelles lunettes optiques et plateformes d’armes aux performances supérieures font leur apparition. En mars 2026, le Canada annonce le remplacement des anciens fusils C7 et C8 par le nouveau fusil d’assaut modulaire canadien (CMAR). Le CMAR est une version modernisée de calibre 5,56 mm du fusil AR-15, et il est compatible avec des accessoires modernes comme un silencieux. Dans le cadre d’un contrat avec Colt Canada, jusqu’à 65 402 nouveaux fusils sont livrés.

Autres utilisations

Les alliés de l’OTAN, à la recherche d’une plateforme de fusil AR-15 personnalisable et fiable, adoptent les C7 et C8 sous différentes formes. Les Pays-Bas et le Danemark utilisent tous deux les C7 et C8 comme fusils de service. Le C8 est également utilisé depuis longtemps par les forces spéciales britanniques et norvégiennes.

De nombreux services de police canadiens, dont la GRC, adoptent des versions semi-automatiques du C8. Ce phénomène suscite un débat sur la militarisation de la police et les menaces qui pèsent sur les forces de l’ordre.

Colt Canada commercialise des modèles semi-automatiques des C7 et C8 sur le marché civil canadien. Cependant, cette pratique cesse après l’interdiction des fusils AR-15 en 2020. (Voir Contrôle des armes à feu au Canada.)

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Crédit: Lieut. Ken Bell / Canada. Dépt. de la Défense Nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-206528