Les rivières et les fleuves sont des cours d’eau dont le débit augmente généralement entre leur source et leur embouchure dans un océan, un lac, dans une autre rivière, ou dans un autre fleuve. Les ruisseaux ou les ruisselets sont de plus petits cours d’eau, mais leur volume n’est pas défini avec précision. Le Canada compte de nombreuses rivières importantes et nombreux fleuves importants, comme le fleuve Saint-Laurent, le fleuve Mackenzie et le fleuve Columbia. Le Canada partage un bon nombre de ses rivières et fleuves et de leurs bassins versants avec les États-Unis.

Description
La plupart des rivières et des fleuves ont un débit continu, bien que variable, mais certains peuvent ne plus avoir de débit pendant les saisons très sèches ou très froides. Les petits cours d’eau comme les ruisseaux, surtout dans les régions sèches ou froides, sont plus sujets à des périodes d’assèchement, et beaucoup coulent par intermittence. Les rivières et les ruisseaux qui bénéficient d’un important apport en eau souterraine ont généralement un débit moins variable que ceux qui dépendent du ruissellement de la surface. L’eau de ruissellement joue un rôle prépondérant dans le modelage du relief terrestre, mais dans la majeure partie du Canada, l’impact de la glaciation a été considérable, et l’écoulement de l’eau ne modifie que lentement le relief.
Les rivières et fleuves du Bouclier canadien ont tendance à être pauvres en sédiments, en solides dissous, en carbonate de calcium et en turbidité; les cours d’eau des prairies sont riches en chacun de ces éléments.
Cours d’eau
La plupart des fleuves, rivières, et ruisseaux au Canada suivent des lits bien définis qu’ils développent depuis la dernière période glaciaire (durant les derniers 6000 à 14 000 ans pour la majorité des régions). Plusieurs régions connaissent un important soulèvement glaciaire, ce qui modifie le tracé actuel des grands cours d’eau. Certains se retrouvent ainsi « déplacés » dans de vastes canaux de déversements formés par les eaux de fonte des glaciers. Des rapides et des chutes séparant des étendues de zones humides et de lacs apparaissent là où se trouvent des formations rocheuses résistantes à l’érosion, surtout dans les régions du Bouclier et de la Cordillère (voir Régions physiographiques). Ces structures sont moins fréquentes dans les régions de dépôts profonds de sédiments et de roches tendres, comme dans les plaines intérieures, où les cours d’eau ont une pente de lit plus régulière. Certains cours d’eau transportant de fortes charges sédimentaires forment localement des cours d’eau entrelacés, et beaucoup se divisent en bras secondaires dans les deltas.

Débit fluvial
Les cours d’eau prenant leur source au Canada déversent environ 105 135 m3/s (mètres cubes par seconde) dans l’océan, ce qui représente près de 8 % du débit fluvial mondial. Les fleuves Saint-Laurent et Mackenzie, avec leur débit d’environ 10 000 m3/s chacun, se classent au 16e et au 17e rang des cours d’eau mondiaux, et au 2e et au 3e rang en Amérique du Nord. Le débit de l’Amazone est plus de 20 fois plus élevé que celui du plus grand fleuve du Canada, et celui du Mississippi est près de 75 % plus important. Les fleuves Saint-Laurent et Mackenzie ont des débits annuels à peu près égaux, et les débats visant à déterminer lequel a le plus grand débit reposent sur des différences sémantiques, comme l’endroit où l’eau devient saumâtre dans l’estuaire du Saint-Laurent, ou encore si la rivière Peel et les autres affluents du delta du Mackenzie, qui se jettent en aval du point où le chenal principal se divise, doivent être pris en compte. Le débit du fleuve Mackenzie est plus variable, étant plus important certaines années et plus faible d’autres années. De plus, le bassin du Mackenzie est entièrement canadien, et il est plus de trois fois plus grand que la partie canadienne du bassin du Saint-Laurent (voir Bassin hydrographique).
Les plus longs cours d’eau au Canada
Le fleuve Mackenzie (jusqu’à la source de la rivière Finlay en Colombie-Britannique) est le plus long cours d’eau du Canada (4241 km). Il est suivi du fleuve Saint-Laurent (3058 km), du fleuve Nelson (2575 km), de la rivière Churchill (1609 km), du fleuve Fraser (1368 km), et du fleuve Yukon (1149 km). Les affluents comme la rivière Saskatchewan (1939 km), la rivière de la Paix (1923 km), la rivière des Outaouais (1271 km), la rivière Athabasca (1231 km), la rivière Liard (1115 km), et la rivière Assiniboine (1070 km) sont également des cours d’eau très longs (voir Les plus longs fleuves et rivières au Canada).

Bassins versants
Presque les trois quarts des cours d’eau du Canada se déversent vers le nord, dans l’océan Arctique, la baie d’Hudson et le détroit d’Hudson. Ce bassin versant nordique représente près de la moitié (48,6 %) du débit total des cours d’eau au Canada. Le bassin versant du Pacifique (10,2 % de la superficie) représente presque un quart du débit (23,7 %), et celui de l’Atlantique (15,2 % de la superficie) représente plus d’un quart du débit (27,7 %). Une très petite partie du territoire est drainée vers le sud dans le Missouri-Mississippi Basin. Des mesures plus récentes démontrent que les estimations antérieures concernant les régions du nord et du Pacifique, ainsi que pour l’ensemble du Canada, sont trop conservatrices, et que les données pour le nord pourraient être réévaluées à la hausse de manière substantielle (peut-être jusqu’à 20 % dans certains bassins). On peut s’attendre à des révisions à la hausse à mesure que des données plus fiables et à plus long terme seront disponibles. Le Canada dispose de ressources abondantes en eau douce, et bien que des pénuries régionales puissent se produire, il est peu probable que le pays connaisse une pénurie à l’échelle nationale.
Apports en eau
La plupart des cours d’eau au Canada ont un régime hydrologique dominé par la fonte des neiges. Les chutes de neige hivernales, qui ne subissent que très peu de pertes par évapotranspiration, sont à l’origine des débits de pointe lors de la fonte, en mars-avril dans les basses-terres du sud, et en mai-juin, même parfois jusqu’en juillet, dans les régions montagneuses du nord. Les pluies estivales sont plus abondantes que les précipitations de neige en hiver dans la plupart des régions, mais une grande quantité de cette pluie se perd par évapotranspiration et n’influence que peu le débit des cours d’eau (voir Climat). Certains cours d’eau en basse altitude dans les régions côtières du Pacifique connaissent des pics de débits liés aux précipitations au milieu de l’hiver. Les débits d’eau de fonte des glaciers atteignent leur maximum au milieu de l’été, mais ce modèle n’est pas dominant dans la plupart des grands cours d’eau en montagne. Les réserves naturelles dans les aquifères souterrains, dans les lacs et dans les zones humides, permettent de réduire les pics de débit et d’obtenir un débit plus régulier.

Répercussions des activités humaines
La retenue artificielle qui se crée derrière les barrages contribue à d’importantes modifications du régime hydrologique (voir Réservoir). Une grande partie de cette modification est destinée à la production d’énergie hydroélectrique et l’augmentation des débits hivernaux est très répandue. Le stockage destiné à la production d’électricité de pointe peut entrainer de faibles débits pendant la nuit et les fins de semaine, ainsi que d’importants pics de débits pendant les périodes de fortes demandes. De telles modifications de débit, comme c’est le cas pour la rivière Kananaskis en Alberta, peuvent entrer en conflit avec les activités de loisirs, la conservation de la faune et d’autres objectifs. Le stockage destiné à l’irrigation est généralement utilisé durant les périodes du milieu jusqu’à la fin de l’été, lorsque le débit naturel baisse.
Les grands cours d’eau canadiens présentent un certain décalage naturel dans leur débit en raison de l’étendue des bassins versants et des distances parcourues par les eaux jusqu’aux stations situées en aval. La plupart voient leur régime, et parfois même leur débit, modifié par un stockage artificiel et un détournement. Des transferts entre les bassins, surtout pour la production hydroélectrique et l’irrigation, ainsi que les dérivations de plus en plus fréquentes à des fins urbaines, industrielles et autres, ont des répercussions sur le débit de nombreux cours d’eau. Certains des impacts les plus importants sont dus au rejet de polluants (voir Pollution).
Les processus naturels qui apportent des matières dissoutes et en suspension dans les cours d’eau entrainent toujours des différences régionales et saisonnières frappantes dans la qualité de l’eau.
L’activité humaine contribue directement ou indirectement à la présence de ces substances, et des modifications chimiques, physiques et biologiques dans les masses d’eau apparaissent dans de nombreuses régions. Les cours d’eau sont longtemps utilisés comme un moyen pratique d’élimination des déchets. La capacité de certaines masses d’eau à assimiler ces déchets est largement dépassée de façon inconsidérée. La plupart des déchets rejetés par les industries, les municipalités, les exploitations agricoles et minières peuvent être contrôlés à la source (voir Traitement de l’eau). La pollution diffuse, comme celle qui provient de l’atmosphère (par exemple les pluies acides), des réseaux d’égouts pluviaux et d’autres sources mal identifiées, est plus difficile à contrôler. Des progrès notables sont réalisés dans le traitement de certains flux de déchets, mais le développement de nouveaux composés chimiques est rapide. Heureusement, le public est de plus en plus sensibilisé à ces nouveaux dangers.
Liste des principaux cours d’eau du Canada
|
Bassin hydrographique et cours d’eau |
Bassin (km2) |
Longueur (km) |
Débit moyen (m3/s) |
|---|---|---|---|
|
102 800 |
801 |
2790 |
|
|
Rivière Kootenay |
37 700 |
780 |
850 |
|
232 300 |
1370 |
3540 |
|
|
55 400 |
489 |
750 |
|
|
21 100 |
380 |
950 |
|
|
54 400 |
579 |
1760 |
|
|
49 800 |
539 |
1080 |
|
|
323 800 |
1149 |
2300 |
|
|
1 805 000 |
4241 |
9700 |
|
|
302 500 |
1923 |
1970 |
|
|
95 300 |
1231 |
730 |
|
|
106 500 |
974 |
612 |
|
|
79 800 |
856 |
1580 |
|
|
Rivière du Petit Mécatina |
19 600 |
547 |
510 |
|
45 800 |
560 |
1020 |
|
|
88 000 |
698 |
1750 |
|
|
35 500 |
673 |
1130 |
|
|
839 200 |
3058 |
9850 |
|
|
209 500 |
2120 |
||
|
660 000 |
55 |
5750 |
|
|
43 300 |
563 |
730 |
|
|
146 300 |
1271 |
1950 |
|
|
3 861 400 |
30 594 |
||
|
135 200 |
982 |
1420 |
|
|
Rivière Arnaud |
49 500 |
377 |
670 |
|
Rivière Attawapiskat |
50 500 |
748 |
626 |
|
Rivière aux Feuilles |
42 500 |
480 |
590 |
|
281 300 |
1609 |
1200 |
|
|
46 400 |
756 |
930 |
|
|
41 700 |
565 |
940 |
|
|
Grande rivière de la Baleine |
42 700 |
724 |
680 |
|
Rivière Harricana |
29 300 |
533 |
570 |
|
71 500 |
850 |
540 |
|
|
133 400 |
874 |
2800 |
|
|
Rivière à la Baleine |
31 900 |
428 |
580 |
|
97 600 |
893 |
1690 |
|
|
108 500 |
547 |
1370 |
|
|
892 300 |
2575 |
2370 |
|
|
334 100 |
1939 |
700 |
|
|
106 500 |
813 |
758 |
|
|
65 800 |
776 |
1190 |
|
|
43 400 |
763 |
900 |
|
|
102 800 |
982 |
722 |
|
|
142 400 |
904 |
840 |
|
|
67 300 |
475 |
694 |